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Global

Je suis devenu designer par un intérêt pratique du travail de la matière. Cette pratique a consolidé ma fascination pour la beauté du faire, son rôle dans notre construction sociale, notre compréhension du monde, de son rythme et de ses limites. 

Depuis 2013, je développe une recherche personnelle qui se focalise sur le travail ouvrier, rural, artisanal et industriel, comme valeur fondatrice du projet. Dessiner un objet, c’est dessiner une manière de produire et le designer a une responsabilité quant à l’impact de sa production. Impact environnemental, social, fonctionnel et expressif. 


Nous dialoguons à travers l’usage mais surtout à travers la matière qui le formalise et le mode de production qui permet sa transformation. Peut-être que la raison de produire aujourd’hui ne pourrait se justifier qu’au travers le rôle de celle ci au profit des métiers, de leur sauvegarde et de leur transformation ?

Pour répondre à cette problématique, j’arpente les entreprises, les ateliers et les «territoires». Aujourd’hui ma réponse se renforce d’un positionnement plus global à travers une manière d’être designer, de la conception au partage des projets, avec un modèle hybride se reposant sur d’autres valeurs que commerciales. 

Je crois que le monde qui vient va nécessairement devoir se construire sur une richesse qui inclut une part immatérielle et peu consommatrice d’énergie et de ressources. Ainsi, je cherche à imaginer des pistes qui restent accessibles, plurielles, et socialement transversales. L’innovation par le faire, exploitant l’outil existant, invoquant les ressources locales, à destination d’un public large et peu initié au design. 

J'applique les notions de circuits courts, de traçabilité et de proximité à plusieurs étapes de la création et aux différents champs d’applications possible: la production, l’enseignement et la médiation. 
Je crois à un modèle hybride et personnel qui valorise les métiers en leur sein comme dans leur environnement de vie, et au delà. 
Je crois au bénéfice d’introduire le design au sein des milieux techniques, ruraux et profanes, comme vecteur d’échanges réciproques rendant chaque acteur indispensable au partage de connaissance pour l’autre. Je crois que les pratiques ouvrières ont beaucoup à dire et peuvent générer une nouvelle plasticité fascinante. 


Je crois au réseau alternatif, regroupant des compétences complémentaires et de proximité, qui permette à chacun de développer son métier appuyé d’une technique, d’une matière ou d’un espace d’expression, dont je pourrais être la feuille blanche. 

De gauche à droite, de haut en bas:

Florian Harling, Colin Laurent, Métal Déployé, Etienne Querre, Alain Frerot, Blaise Dupré, Jean-Louis Royer, Ariane Coissieux, Gewiss, Renaud Marin, Stagiaire de la formation professionnelle des Compagnons du Devoir de Muizon, Nicolas Thibault, Ouvriers de chez Petrus, Nicolas Bonnet et son équipe, Jean-François Barras.

Approche

La naissance du projet convoque la rencontre avec une matière, un processus, ou un savoir-faire que j’identifie comme une ressource contemporaine inexploitée. Généralement, mon attention se porte sur eux puisque j’en perçois un ensemble sophistiqué rendu invisible parce que devenu trop commun. 

Le projet se structure lorsque je rattache cette rencontre à un lieu de production, qui puisse être la somme d’entités indépendantes, offrant alors un contexte, une connexion humaine et une réalité économique. L’entreprise, son identité, son organisation devient un lieu d’accueil et de recherche, sur la base d’une rencontre fortuite fédératrice d’intérêts réciproques. Nous ne nous connaissons pas.

Presque jamais, un designer n’était venu dans les ateliers. 

Mon récit se construit à la rencontre des uns et des autres, cherchant à cibler plusieurs applications possibles, ou dérives techniques, permettant d’apporter de la lumière sur les métiers indispensables à l’obtention de la richesse.

Cette dernière peut être incarnée par le simple déploiement de la matière, le profilage de la tôle, la tension d’un tissu. S’engage un travail exploratoire, en relation proche avec les capacités et les possibles du contexte, observant par ailleurs les ressources locales qui puissent être assemblées au projet.

Celles-ci intègrent l’artisanat ou l’industrie, la formation ou la médiation, et sont représentatives du territoire proche.  

Ce travail d’ouverture est fédérateur dans ma relation avec le monde ouvrier et technique qui ne cesse de me subjuguer, et dont ma pratique d’atelier m’offre des clés de dialogue. Nous travaillons alors ensemble, partie prenante dans une aventure dont nous ne percevons pas l’aboutissement. La définition matérielle des productions que je dessine n’intervient alors que comme une proposition manifeste, économiquement et plastiquement cohérente, cherchant à introduire le technique dans le domestique.

Ce travail renverse le regard que nous portons sur les matériaux, transformant le commun en une évidente richesse. S’intègre alors dans notre quotidien et dans notre proximité d’usage, des matières ou des techniques jusque là éloignées et discréditées à ces fins.

En résulte une production éclectique qui ne trouve de sens qu’au travers chaque contexte posé, et non une identité qui me serait propre, si ce n’est l’identité des collaboration et mon engagement dans cette démarche systémique. 

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Réseau

Constitué depuis 2013, enrichi et modifié au fil des projets, le réseau alternatif qui m’accompagne est représentatif de ma démarche par la diversité des acteurs et des matières travaillées.
 
Je peux le présenter en deux parties, deux échelles. 
Il y a celui de l’ensemble de mes projets incluant des collaborations à l’échelle nationale, dont certaines se sont éteintes pour diverses raisons.

Ces rencontres restent des relations importantes dans mon parcours et m’ont permis d’ouvrir mon regard sur la pluralité des pratiques. 

Puis il y a celui de proximité en mouvement perpétuel, alimenté par la force des relations devenues amicales et par la pertinence des propositions formalisées. Ce dernier persiste grâce à la confiance mutuelle et la convergence des points de vues, mais également par les échanges hybrides qui nous ont permis de nous comprendre. 

Ce réseau est alternatif dans le sens où il regroupe des compétences hétéroclites spécialisées et techniques éloignées du design. Nos relations dépassent l’échange classique du prestataire puisqu’il permet l’expérimentation et la recherche, chaque acteur apportant ce qu’il peut pour soutenir cette démarche, sans forcément obtenir en échange. Ils comprennent que leur participation apportera une matière grise indispensable pour penser l’évolution de leur métier, ou de leur secteur. 

Ainsi se regroupent 3 typologies d’acteurs qui définissent différentes échelles: les industries, les industries artisanales et les artisans. 
Les industries apportent la technologie, les nouveaux matériaux et un potentiel de production. Les industries artisanales représentent le savoir-faire vernaculaire, une proximité avec la ressource locale, et des possibilité de transformation plus souples. Les artisans sont plus proches du métier et de la tradition et s’appliquent à de nouvelles pratiques, engagées dans la transmission de leur métier.

A chaque acteur, des problématiques qui lui sont propre.

Ensemble, nous pouvons faire exister les projets imaginés à différentes échelles.

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Principes

"Richesses de proximités" ou comment définir une ressource de proximité en richesse, une opportunité adéquate au projet ou un soutien à la création de nouveaux modes de production. 

A travers ce concept, j'intègre les composantes d'un projet en circuit-court sous le prisme de la dynamique territoriale. Cette dernière se justifie de choix culturels, historiques et référentiels. Elle s'appuie sur les entités de production et les ressources matérielles endémiques que nous pouvons, par l'implication de certains acteurs industriels par exemple, redéfinir à la faveur de facilités de production, de cohérence économique. 

La proximité agit singulièrement comme un gage de confiance. Elle offre à la collaboration des points communs, une histoire construite sur des paysages partagés, un environnement qui égalise les statuts professionnels. Le territoire ne devient pas une justification systémique mais un cadre structurant pour définir des choix. En ce sens, les frontières deviennent mouvantes. La création est contrainte mais nourrie en sollicitant des compétences détournées faisant émerger des solutions au niveau local. 

"Le milieu vierge" (Jérôme Aich) ou profane, l'absolu nécessité de développer un lien avec des milieux où le besoin émerge et dont généralement la place du design est inexistante. Du constat de la séparation des métiers, nous échangeons constamment sans jamais nous rencontrer. 

Un schémas que je ne souhaite pas alimenter et dont je cherche la transformation comme une opportunité. Celle de créer des nouvelles formes par la découverte d'environnement technique. 

Mes actions passent avant tout par une approche d’initiation qui est indispensable pour faire comprendre le mode de projet. Cette forme de pédagogie par la pratique, je la crois utile au moins pour ce qu’elle permet d’accomplir. Faire comprendre in-situ que des pistes d’évolutions peuvent être apportées et doivent être soutenues, qu'elles ont un effet concret.

L'enjeu des représentations est né de ce contact de terrain. Elles peuvent propager un discours sincère, intègre et durable. Elles sont significatives pour aborder les problématiques. 

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